Se distraire

Prodigieuses créatures

C’était peut-être une erreur de commencer l’oeuvre de Tracy Chevalier par La jeune fille à la perle. En effet, Prodigieuses créatures, en comparaison, m’a paru pas mal plus fade. 

Résumé

On est en 1810, à Lyme Regis, une petite ville côtière en Angleterre. Mary Anning, une jeune fille frappée par la foudre lorsqu’elle était petite, a un talent inné pour repérer des fossiles sur la plage. Les vendre, c’est le moyen de subsistance de toute sa famille. Le niveau de vie de la famille va donc au gré des trouvailles sur la plage : si la chance n’est pas avec elle pour quelques semaines, elle peut être contrainte de vendre ses meubles.

Parallèlement, Elizabeth Philpot, de 20 ans de plus, partage la narration. Elle s’est établie à Lyme par manque d’argent, mais aussi parce que son frère considérait qu’elle n’aurait jamais de mari. Elle est une excellente chasseuse de fossiles également, avec une prédilection pour ceux de poisson.

Bientôt, Mary Anning va se faire reconnaître pour ses dons par plusieurs amateurs, uniquement des hommes, qui viennent de plus en plus loin pour admirer ses découvertes. Parmi ceux-ci, William Buckland, un homme sympathique mais sans aucune aptitude romantique, qui prend le coeur de Mary et le tord, en plus de s’accaparer une multitude des découvertes de Mary et de les vendre au plus offrant. Ce n’est qu’un des symptômes du sexisme et de la maigre crédibilité des femmes dans le domaine des sciences de l’époque.

Parmi les découvertes de Mary, une a le potentiel de bouleverser la communauté scientifique : l’ichtyosaure ressemble un peu à un croco, mais ne correspond à rien de ce qu’on a connu jusqu’à présent, et suggère l’existence d’espèces disparues… donc abandonnées par Dieu. Une idée révolutionnaire à l’époque, mais qui finira par être approuvée et confirmée par plusieurs spécialistes.

Le récit est basé sur une histoire vraie. Mary Anning et Elizabeth Philpot ont réellement existé. Je ne l’ai su qu’à la fin. Avoir su au début, j’aurais été un peu plus indulgente.

Critique

Si le livre était visiblement bien écrit, j’ai eu de la difficulté à pleinement l’apprécier. Par exemple, je ne me suis rendue compte que vers la moitié du livre que la narration était à deux voix… (la honte). Je voyais bien que parfois les “ne” dans les négation “ne… pas” étaient absentes, probablement pour illustrer le discours d’enfant de Mary Anning, mais je pensais que c’était une erreur d’écriture ou de traduction. Mettons que le livre a beaucoup baissé dans mon estime pour rien à ce moment-là. Mais peut-être aussi que la double narration n’était tout simplement pas claire.

Le rythme était lent. Souvent, j’aime ce style, j’aime le méditatif. Mais ici, je trouvais ça plutôt ennuyant, ce qui explique la quantité de temps que ça m’a pris pour le terminer.

Quant aux personnages, je ne m’y suis pas attachée plus qu’il faut. Ils étaient tellement loin de moi et de mes préoccupations que j’avais peu d’empathie pour eux. La partie la plus touchante, ça a été pour moi quand Mary se fait briser le coeur par son monsieur.

Conclusion

Malheureusement, je n’ai pas grand-chose d’intéressant à dire sur cette lecture. Elle a réveillé en moi peu de passions. C’était un divertissement acceptable, mais sans plus.


Prodigieuses créatures

Tracy Chevalier