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The Precipice : Existential Risk and the Future of Humanity

J’ai fini ce livre il y a quelques jours, et je me sens encore un peu gelée. C’est comme si j’avais pris un hallucinogène qui avait rendu les couleurs du monde plus éclatantes et m’avait mise dans un état d’extase prolongé. Ça sonne bizarre de dire ça pour parler d’un livre qui traite à peu près uniquement des multiples dangers horribles qui guettent l’humanité, mais c’est ça qui est ça. J’ai une liste de personnes à qui l’offrir, et j’en rêve la nuit. Mais pour ceux qui ne me connaissent pas si bien, je vous rassure : il y a moyen d’obtenir gratuitement l’objet de mon dévouement.

Résumé

Nous sommes à un moment charnière de notre histoire. Cela vous paraîtra peut-être éculé comme formule, il y a des gens qui l’ont affirmé à peu près à toutes les époques, mais il y a maintenant de très bonnes raisons de le croire. On s’en rend particulièrement compte ces temps-ci, avec la guerre en Ukraine qui nous fait craindre une troisième guerre mondiale et les changements climatiques qui ne font que s’empirer à chaque année. Ce qui rend ce moment si particulier, c’est que nous, les humains, avons maintenant les moyens technologiques de nous détruire nous-mêmes, et qu’on ne semble pas avoir la maturité nécessaire pour ne pas le faire.

Mais si cela arrivait, ce serait une catastrophe. Parce qu’en tant qu’humains, nous avons également un potentiel énorme. Si nous réussissons à ne pas tomber dans le précipice, nous ne pourrions en être qu’à notre adolescence. Des milliers et des millions d’années, voire plus encore, pourraient s’étaler devant nous. Et ce qu’on pourrait accomplir dans autant d’années dépasse notre imagination.

Impressions

J’ai découvert ce livre via 80,000 Hours, une organisation à but non lucratif que j’ai elle-même découverte via un podcast de Tim Ferriss. Je n’étais pas sûre d’aimer tant que ça Tim Ferriss, mais là il a grandement monté dans mon estime.

Je vous l’ai dit, je me sens encore un peu buzzée. Jamais un livre n’a réussi aussi brillamment à changer ma vision de la vie entière. Et je ne niaise pas. Vous allez me trouver intense, mais ce livre est intense. Il y a des gens qui ont eu le courage et l’intelligence de se pencher sur une des questions les plus fondamentales, mais également les plus inconfortables et les plus difficiles, que nous pourrions nous poser en tant qu’humains : comment quantifier les risques que notre race s’éteigne, et comment peut-on faire en sorte de minimiser ces risques pour assurer notre sécurité à très très long terme?

J’aurais beaucoup de difficulté à essayer de vous transmettre ce que j’ai retiré de ce livre, parce que je suis encore en train de le digérer. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il est écrit avec un professionnalisme tellement rare et satisfaisant, qu’il a réussi à me projeter à la fois très loin dans le passé et très loin dans le futur, à me faire peur tout en me donnant énormément d’espoir, et à me donner l’impression de savoir ce qui nous attend tout en n’en sachant absolument rien.

Je me demandais dernièrement si c’était une bonne idée que j’aie des enfants, à voir l’état du monde. Maintenant, je me dis qu’il faut que j’en aie, parce qu’il n’est pas question de baisser les bras maintenant. Que se battre pour le futur de l’humanité est une cause incroyablement noble et inspirante. Que les humains sont nonos parfois, mais aussi brillants et créatifs et capables de choses merveilleuses. Qu’il est facile de tomber dans le cynisme, mais que ce serait un gâchis d’une tristesse inouïe.

Et là je vais arrêter, parce que je vais avoir l’air d’avoir pris de la drogue pour vrai.

Faites-moi confiance, il faut que vous lisiez ça. Vous n’avez qu’à vous abonner à l’infolettre de cette organisation qui, je vous le rappelle, est à but non lucratif. C’est gratuit, et ça peut changer votre vie.

Sur ce, je vais aller me coucher pour essayer de me calmer.