Littérature sentimentale,  Se distraire

Meilleurs ennemis, de Sally Thorne : le livre vs. le film

Détester quelqu’un revient bizarrement à tomber amoureux de lui.

Voici un cas de “pitchez-vous sur le livre, faites tout pour ne pas voir le film”. Le livre m’a fait sentir comme une ado excitée, et je vous jure qu’il est passé très proche de se rendre dans mes coups de coeur. Mais dans mon enthousiasme, j’ai commis l’erreur d’écouter le film tout de suite après, et ma balloune a dégonflé de façon lamentable.

Je vais toutefois faire un effort de mémoire pour vous, chers lecteurs, et vous expliquer ce qui fait de Meilleurs ennemis (le livre, pas le film) un incontournable pour tous ceux qui apprécient un tant soit peu les romances.

Résumé

Lucy et Josh évoluent dans un milieu de travail bien étrange où tout le monde semble avoir son propre bureau, sauf eux, qui doivent s’en partager un. Face à face, qui plus est. Et ça tombe mal, parce qu’ils se détestent.

Jour après jour, ils trouvent des moyens de plus en plus créatifs pour énerver l’autre. Un jour, c’est d’imiter l’autre dans tous ses petits gestes. L’autre jour, c’est de se fixer dans les yeux en attendant que l’autre détourne la tête. Un genre de jeu tordu où celui qui montre le plus de haine gagne.

Puis, un jour, Josh fait quelque chose de complètement inattendu : il embrasse Lucy fougueusement dans l’ascenseur. Le meilleur baiser de la vie de Lucy. Un baiser qui donne le vertige et qui obsède. Mais à quoi est-ce que Josh joue? Est-ce encore une tactique pour déstabiliser Lucy, ou est-ce que la haine aurait fini par se transformer en amour?

Impressions

Le charme a opéré immédiatement. Le rythme du livre est soutenu, il est drôle pour vrai (je pense que j’avais un sourire collé dans la face tout le long), et mon dieu que les scènes érotiques sont bien faites. Il n’y a pas une seule longueur, et j’étais totalement accrochée, au point où seules mes pauses pipi forcées me rappelaient qu’il fallait que je considère aller me coucher éventuellement. Rappels que j’ignorais avec un doux mélange de plaisir et de culpabilité.

Je dois avouer que la prémisse n’est pas très convaincante : personnellement, je n’ai jamais acheté la haine entre les deux. Qui joue à se regarder dans les yeux pour montrer qu’ils se détestent? Franchement. Mais bon, contrat ludique.

J’ai appris tout à l’heure qu’il s’agit du premier livre de Sally Thorne. Première fois qu’elle écrivait un roman. Vraiment, chapeau. Ça sent le professionnalisme à plein nez.

Et maintenant, pour le film que je n’aurais pas dû regarder…

Le problème avec le film est assez simple : c’est un navet (selon mon humble opinion). Le film a transformé la Lucy cute, drôle et adorable du livre en une espèce de furie désagréable, et a transformé le Josh froid et cynique du livre en un beau gars un peu nono. La petite faille du livre, qui était de ne pas très bien expliquer le passage entre la haine et l’amour, est devenue une cravasse béante où la seule chose qu’on perçoit, c’est un baiser fâché qui n’a pas l’air très agréable dans un ascenseur. Initié par Lucy, en plus, ce qui rend la dynamique entre les deux encore plus incompréhensible. Et le dénouement mignon et satisfaisant du livre devient une quétainerie nauséeuse dans le film.

Morale de l’histoire : si vous avez aimé un livre, prenez le temps de le savourer avant de vous précipiter sur le film.

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