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Quand le souffle rejoint le ciel : Un médecin face à la vie et à sa mort, de Paul Kalanithi

À un moment pendant le temps des Fêtes, j’étais en banlieue chic de Paris, mes hôtes étaient partis fêter chez des amis, j’étais seule avec mon amoureux devant le feu de foyer. Et j’étais déprimée.

C’est les vacances qui font ça, je pense. J’étais super confortable et je n’avais absolument rien dans l’horaire à part me demander ce que je voulais manger pour souper. Qu’est-ce que mon cerveau fait dans ce temps-là? Il spinne, comme un hamster dans sa roue. Il me murmure que je n’ai pas de valeur, que la vie n’a aucun sens, que mon amoureux pourrait mourir n’importe quand, qu’on est toujours seuls dans le fond, etc.

Adorable, n’est-ce pas?

C’est en espérant rétablir un peu mon équilibre mental que j’ai voulu me plonger dans une biographie bien profonde et bien triste, qui allait me reconnecter à ce qui importe vraiment. Pourquoi pas un finaliste pour le Prix Pulitzer, tant qu’à faire?

Résumé

Avant qu’on lui annonce qu’il était atteint de cancer, Paul se serait probablement décrit comme quelqu’un qui en sait long sur la mort. En tant que neurochirurgien, il la côtoie tous les jours. Il aide ses patients à prendre certaines des décisions les plus importantes de leur vie, et fait des opérations délicates en plein milieu de tout ce qui les rend humains et vivants. C’est aussi lui qui annonce les mauvaises nouvelles à leurs proches quand les opérations tournent mal.

Pourtant, jamais le Dr. Kalanithi n’aurait pu prédire ce à quoi il est confronté quand il reçoit son diagnostic. Qui aurait pu? Il n’a pas encore quarante ans, et sa vie commençait tout juste à vraiment se développer. Il avait commencé à se bâtir une réputation dans son domaine, il a une femme, et il pensait faire des enfants bientôt. Et pour compliquer les choses, son médecin refuse catégoriquement de parler de probabilités de survie : peut-être lui reste-t-il un an, peut-être dix. Personne ne le sait.

Comment peut-on prendre des décisions dans ces circonstances? Doit-il toujours considérer de faire un enfant avec sa femme? Peut-il encore envisager une carrière? Sans sa carrière et sa santé, qui est-il?

Impressions

Vous pouvez probablement imaginer ce qu’un tel livre peut vous faire. Je le savais, ce n’est pas un punch : le Dr. Kalanithi meurt à la fin. Mais bien évidemment, ça ne m’a pas empêchée de pleurer comme une madeleine. Surtout quand la femme de Paul conclut le livre qu’il n’a pas réussi à terminer.

J’ai pourtant trouvé ce livre incroyablement beau. Il m’a rappelée à quel point la vie est belle est dure à la fois. Que l’amour est réellement ce qui compte. Qu’en tant qu’humains, on est incroyablement résiliants. Et que personne ne peut prendre son avenir pour acquis.

Ce livre n’est en aucun cas un guide vers la compréhension de la mort, ou de quoi faire quand on y est confrontés. Ce sont des questions éternelles et incroyablement personnelles auxquelles on n’aura probablement jamais de réponse définitive. Je n’ai aucune idée de ce que j’aurais fait à la place du Dr. Kalanithi, mais je soupçonne que ça n’aurait pas été la même chose. Je soupçonne aussi que je n’aurais pas du tout réussi à l’exprimer aussi bien que lui l’a fait.

Ce livre est à mettre entre les mains de personnes qui ont des moments difficiles en perspective (ou de masos comme moi qui ont envie de penser à la mort de temps en temps). Ça va être dur. Mais ça va aller.

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