{"version":"1.0","provider_name":"Prochaine lecture","provider_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/fr","author_name":"Na\u00efma Hassert","author_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/fr\/author\/naima-hassertgmail-com\/","title":"Un dimanche \u00e0 la piscine \u00e0 Kigali - Prochaine lecture","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"106BkY3umD\"><a href=\"https:\/\/prochainelecture.com\/fr\/un-dimanche-a-la-piscine-a-kigali\/\">Un dimanche \u00e0 la piscine \u00e0 Kigali<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/prochainelecture.com\/fr\/un-dimanche-a-la-piscine-a-kigali\/embed\/#?secret=106BkY3umD\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"&laquo; Un dimanche \u00e0 la piscine \u00e0 Kigali &raquo; &#8212; Prochaine lecture\" data-secret=\"106BkY3umD\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script type=\"text\/javascript\">\n\/* <![CDATA[ *\/\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/prochainelecture.com\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n\/* ]]> *\/\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/L-224-1_1.png","thumbnail_width":908,"thumbnail_height":616,"description":"Un militaire qui devient journaliste, on n&#8217;en rencontre pas tous les jours.&nbsp;Martin Forgues en est un&nbsp;que je respecte beaucoup. Apr\u00e8s 12 ans dans les Forces arm\u00e9es canadiennes, il a d\u00e9cid\u00e9 de vivre sa plume, et il a \u00e9crit dans de nombreux magazines. Mais il semblerait qu&#8217;il ait un nouveau coup de coeur r\u00e9cemment : l&#8217;\u00e9criture d&#8217;essais. Son tout dernier s&#8217;intitule&nbsp;Gil Courtemanche, une juste col\u00e8re.&nbsp;En lisant cet entretien \u00e0 propos de son livre dans La Presse, j&#8217;ai eu l&#8217;id\u00e9e de lire le&nbsp;roman de Gil Courtemanche qui avait contribu\u00e9 \u00e0 revirer la carri\u00e8re de Martin Forgues. Et, surprise, je l&#8217;avais dans ma biblioth\u00e8que&#8230; Bernard Valcourt, le personnage principal de&nbsp;Un dimanche \u00e0 la piscine \u00e0 Kigali,&nbsp;est un peu \u00e0 bl\u00e2mer si Martin Forgues s&#8217;est risqu\u00e9 dans le dur m\u00e9tier de journaliste : c&#8217;est le typique journaliste engag\u00e9. Il arrive \u00e0 Kigali un peu d\u00e9soeuvr\u00e9, avec l&#8217;id\u00e9e de participer \u00e0 une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9 qui devait d\u00e9marrer l\u00e0-bas. Cette \u00e9mission ne verra jamais le jour. Mais il re\u00e7oit de plein fouet l&#8217;atrocit\u00e9 du g\u00e9nocide rwandais. En gros, il y a les Hutus et les Tutsis. Un certain m\u00e9decin belge a un jour affirm\u00e9 dans un gros livre que les Hutus vivaient sur le territoire depuis toujours, mais que les Tutsis \u00e9taient probablement des faux noirs, des Blancs tann\u00e9s par le soleil au fil des ann\u00e9es. Il en fait m\u00eame une description physique assez pr\u00e9cise : Le Hutu, paysan pauvre, est court et trapu et il a le nez caract\u00e9ristique des races n\u00e9gro\u00efdes. [&#8230;] Le Tutsi, \u00e9leveur nomade, est grand et \u00e9lanc\u00e9. Sa peau est d&#8217;un brun clair qui s&#8217;explique par ses origines nordiques. [&#8230;] Par cette fatale description, tous les grands et minces sont consid\u00e9r\u00e9s Tutsis. Et les Hutus, y compris ceux qui forment le gouvernement, ont d\u00e9cid\u00e9 que ceux-ci \u00e9taient des &#8220;cafards&#8221; qu&#8217;il fallait \u00e9liminer. Valcourt arrive en plein milieu de ce cauchemar. Il tente de d\u00e9crire l&#8217;horreur dans ses carnets, puis l&#8217;amour arrive sous la forme d&#8217;une belle rwandaise, officiellement Hutue, mais que sa minceur et son \u00e9l\u00e9gance trahissent comme Tutsie. Il d\u00e9cidera de rester&nbsp;avec elle malgr\u00e9 le chaos qui les entoure. Est-ce que c&#8217;\u00e9tait agr\u00e9able \u00e0 lire? Je dirais que non. J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9branl\u00e9e tout le long. J&#8217;ai pleur\u00e9 au moins trois fois. Attention aux pages 109 \u00e0 111, ce sont les pires pages que j&#8217;ai lues depuis tr\u00e8s longtemps. Ce qui tue, c&#8217;est que l&#8217;horreur alterne constamment avec la po\u00e9sie. Car Gil Courtemanche \u00e9crit bien, remarquablement bien. Ce n&#8217;est jamais clich\u00e9, mais c&#8217;est quand m\u00eame tr\u00e8s romantique et romanc\u00e9. L&#8217;histoire d&#8217;amour entre Valcourt et la belle rwandaise (nomm\u00e9e Gentille, oui, c&#8217;est un dr\u00f4le de nom) est magnifique. Certes, il est plus vieux qu&#8217;elle et il lui offre son exp\u00e9rience, \u00e0 elle qui est si na\u00efve, mais ils s&#8217;adorent, et ce qu&#8217;elle d\u00e9couvre avec lui est plus profond qu&#8217;on pourrait s&#8217;y attendre&nbsp;et tr\u00e8s bien formul\u00e9. Un chapitre, ils sont couch\u00e9s sous les \u00e9toiles \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la beaut\u00e9 de leur amour ; le suivant, les cadavres des femmes Hutus&nbsp;viol\u00e9es et mutil\u00e9es s&#8217;empilent sur le bord de la route, par-dessus ceux de leurs enfants et de leurs maris. \u00c0 en donner la naus\u00e9e. Si vous ne connaissez pas encore le g\u00e9nocide rwandais, c&#8217;est peut-\u00eatre une belle mani\u00e8re de l&#8217;aborder. Mais des livres comme \u00e7a, on n&#8217;en lit que quelques-uns par ann\u00e9e,&nbsp;et on prend le temps d&#8217;y penser apr\u00e8s. Sinon, on se sent coupable. Et on ne veut pas que des atrocit\u00e9s pareilles se r\u00e9p\u00e8tent."}