{"version":"1.0","provider_name":"Prochaine lecture","provider_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/fr","author_name":"Na\u00efma Hassert","author_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/fr\/author\/naima-hassertgmail-com\/","title":"Deux romans qu\u00e9b\u00e9cois sur la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale - Prochaine lecture","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"3nrMWJceZz\"><a href=\"https:\/\/prochainelecture.com\/fr\/deux-romans-quebecois-sur-la-deuxieme-guerre-mondiale\/\">Deux romans qu\u00e9b\u00e9cois sur la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/prochainelecture.com\/fr\/deux-romans-quebecois-sur-la-deuxieme-guerre-mondiale\/embed\/#?secret=3nrMWJceZz\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"&laquo; Deux romans qu\u00e9b\u00e9cois sur la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale &raquo; &#8212; Prochaine lecture\" data-secret=\"3nrMWJceZz\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script type=\"text\/javascript\">\n\/* <![CDATA[ *\/\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/prochainelecture.com\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n\/* ]]> *\/\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/i1.wp.com\/prochainelecture.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/the-war-2096164_1280_cut.jpg?fit=1200%2C800&ssl=1","thumbnail_width":1200,"thumbnail_height":800,"description":"M\u00eame si la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale ne s&#8217;est pas d\u00e9roul\u00e9e en sol qu\u00e9b\u00e9cois, elle a marqu\u00e9 la nation. De nombreux citoyens se sont port\u00e9s volontaires et en sont revenus transform\u00e9s, des femmes ont commenc\u00e9 \u00e0 travailler, des familles ont v\u00e9cu des deuils. Les romans qu\u00e9b\u00e9cois de l&#8217;\u00e9poque en parlent souvent indirectement, en adoptant le point de vue des civils, mais rares sont ceux qui en parlent de front, en adoptant le point de vue des soldats. Dans le cadre d&#8217;un cours, j&#8217;ai lu deux livres marquants de cette derni\u00e8re cat\u00e9gorie. Voici ce que j&#8217;en ai pens\u00e9. Neuf jours de haine L&#8217;auteur, Jean-Jules Richard, s&#8217;est port\u00e9 volontaire dans l&#8217;arm\u00e9e en 1944, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 33 ans. En 1946, il a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, puis rapatri\u00e9. Journaliste \u00e0 la pige \u00e0 Radio-Canada, il a \u00e9crit plusieurs romans, et a co-sc\u00e9naris\u00e9 la s\u00e9rie Le Canada en guerre, de l&#8217;ONF. C&#8217;est donc dire que son exp\u00e9rience l&#8217;a marqu\u00e9. M\u00eame si le r\u00e9cit est qualifi\u00e9 de roman, il s&#8217;agit d&#8217;un typique r\u00e9cit de guerre. Jean-Jules Richard s&#8217;affiche comme combattant, et de ce fait, assume sa cr\u00e9dibilit\u00e9 pour raconter l&#8217;histoire : les soldats dont il parle, il les connaissait, et il en \u00e9tait un. R\u00e9cit du front, Neuf jours de haine d\u00e9crit les op\u00e9rations militaires au jour le jour, par les points de vue de plusieurs soldats de la \u00ab compagnie C \u00bb. Il n&#8217;y a pas un point de vue qui est privil\u00e9gi\u00e9, on passe d&#8217;un soldat \u00e0 l&#8217;autre, plut\u00f4t rapidement. Cons\u00e9quence : on s&#8217;attache peu aux personnages. Quand l&#8217;un d&#8217;eux meurt, on n&#8217;en ressent pas une grande peine. C&#8217;est un peu \u00e9trange de rester indiff\u00e9rent \u00e0 des drames, mais d&#8217;une certaine mani\u00e8re, cette indiff\u00e9rence fait qu&#8217;on peut mieux comprendre le point de vue de ceux qui vivent la guerre. Il faut rester fort. Il faut continuer \u00e0 avancer. Ce n&#8217;est pas un r\u00e9cit qui se veut larmoyant, mais factuel. On voit \u00e0 travers les yeux de soldats qui avancent dans un champ de bataille sans vraiment comprendre pourquoi, on voit m\u00eame \u00e0 travers les yeux des morts, comme dans une \u00e9trange sc\u00e8ne ou l&#8217;esprit d&#8217;un soldat tu\u00e9 flotte au-dessus du terrain et commente le tout, mais tr\u00e8s rarement on a le point de vue des civils. C&#8217;est donc une vision extr\u00eamement \u00e9troite, mais c&#8217;est fait expr\u00e8s. \u00c7a d\u00e9montre l&#8217;aveuglement des soldats. Ils participent \u00e0 la guerre, mais ils ne la comprennent pas, car la guerre est incompr\u00e9hensible. S&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un roman, il ne faut pas s&#8217;attendre \u00e0 une histoire. Les \u00e9l\u00e9ments sont mis bout \u00e0 bout sans structure pr\u00e9cise. C&#8217;est pour mimer la nature de la guerre, brutale, inassimilable, inintelligible. \u00c7a m&#8217;a pris du temps \u00e0 appr\u00e9cier ma lecture. L&#8217;\u00e9criture est un peu \u00e9trange, et le d\u00e9sint\u00e9ressement est facile. Mais elle m&#8217;a marqu\u00e9e : certaines images me sont rest\u00e9es en t\u00eate, et j&#8217;en ai gard\u00e9 une impression \u00e9trange mais tenace. Les Canadiens errants Jean Vaillancourt aussi \u00e9tait un v\u00e9t\u00e9ran, mais quand il s&#8217;est engag\u00e9, il \u00e9tait beaucoup plus jeune que Richard : quand la guerre s&#8217;est termin\u00e9e, il n&#8217;avait que 23 ans. Il a publi\u00e9 quelques articles dans La Presse, mais Les Canadiens errants est son seul roman. Dans Les Canadiens errants, l&#8217;auteur veut d\u00e9montrer que la guerre n&#8217;\u00e9tait pas \u00e9trang\u00e8re, mais bien ancr\u00e9e dans le Qu\u00e9bec. D&#8217;abord par le titre : \u00ab Le Canadien errant \u00bb, c&#8217;est le titre d&#8217;une chanson d&#8217;Antoine G\u00e9rin-Lajoie, en hommage aux Patriotes exil\u00e9s apr\u00e8s l&#8217;\u00e9chec des R\u00e9bellions de 1837-38. Ensuite, par la langue, tr\u00e8s orale : \u00ab On dirait que les gens de ces vieux pays-l\u00e0, y sont plus heureux que nous autres. Qu\u2019ils ont pas nos soucis, ou qu\u2019ils s\u2019en fichent. C\u2019est souvent pauvre comme du sel, et pourtant, avec le peu qu\u2019ils ont, on dirait qu\u2019ils savent mieux prendre la vie que nous autres. Qu\u2019est-ce que t\u2019en penses, Xavier ?\u2013 Mo\u00e9 non plus j\u2019ai pas de soucis, C\u00e2lice. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019y faut vive. Ce propos lui a attir\u00e9 les critiques lors de la parution de son livre. Comme si on \u00e9tait attach\u00e9s \u00e0 l&#8217;id\u00e9e que la guerre, c&#8217;est exotique, que ce n&#8217;est pas chez nous que \u00e7a se passe, que \u00e7a ne nous concerne pas vraiment. Ce roman est peut-\u00eatre plus accessible que Neuf jours de haine. Les personnages nous sont plus sympathiques; on a acc\u00e8s \u00e0 leurs pens\u00e9es, \u00e0 leurs sentiments, et \u00e0 leur pass\u00e9. Les soldats, ici, ne sont pas que des soldats. L&#8217;\u00e9criture est plus po\u00e9tique. Et surtout, le roman introduit un aspect inusit\u00e9 : le retour des soldats \u00e0 la fin de la guerre. Alors que la propagande les avait pouss\u00e9 \u00e0 aller combattre, \u00e0 leur retour, personne ne sait quoi faire d&#8217;eux. Alors qu&#8217;au moins, \u00e0 la guerre, il y avait la solidarit\u00e9 entre les hommes, au retour, ils sont v\u00e9ritablement perdus. Bless\u00e9s, traumatis\u00e9s, ab\u00eem\u00e9s, ils n&#8217;arrivent jamais \u00e0 se r\u00e9int\u00e9grer aux civils. Ils errent. Conclusion Les Canadiens errants est, je crois, plus facile d&#8217;approche. Il est plus humain, plus touchant. Mais il y a quelque chose dans Neuf jours de haine qui m&#8217;a marqu\u00e9e : il est singulier. L&#8217;\u00e9criture, le r\u00e9cit, les sc\u00e8nes de guerre, tout \u00e9tait bizarre. Je ne peux pas pr\u00e9tendre comprendre quelque chose \u00e0 la guerre : et c&#8217;est Neuf jours de haine qui, paradoxalement, me l&#8217;a fait r\u00e9aliser. Ces livres sont malheureusement difficiles \u00e0 trouver. Ils ne sont pas sur leslibraires.ca, et pas toujours disponibles sur Amazon. Gardez donc l&#8217;oeil ouvert."}