{"version":"1.0","provider_name":"Next Read","provider_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/en","author_name":"Na\u00efma Hassert","author_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/en\/author\/naima-hassertgmail-com\/","title":"Stiller - Prochaine lecture","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"GFbzSVvNTo\"><a href=\"https:\/\/prochainelecture.com\/en\/stiller\/\">Stiller<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/prochainelecture.com\/en\/stiller\/embed\/#?secret=GFbzSVvNTo\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"&#8220;Stiller&#8221; &#8212; Prochaine lecture\" data-secret=\"GFbzSVvNTo\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script type=\"text\/javascript\">\n\/* <![CDATA[ *\/\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/prochainelecture.com\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n\/* ]]> *\/\n<\/script>","thumbnail_url":"https:\/\/i0.wp.com\/prochainelecture.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/1003672-gf_1.png?fit=965%2C643&ssl=1","thumbnail_width":965,"thumbnail_height":643,"description":"\u00c0 la fronti\u00e8re suisse, un Am\u00e9ricain venant du Mexique se fait arr\u00eater parce qu&#8217;on le soup\u00e7onne de d\u00e9tenir un faux passeport. Pourtant c&#8217;est un homme correct, bien mis, il n&#8217;a rien \u00e0 se reprocher, il ne comprend donc pas pourquoi on l&#8217;importune. Emb\u00eat\u00e9, il donne une gifle au douanier. On l&#8217;incarc\u00e8re d&#8217;autant plus. On demande \u00e0 M. Stiller de s&#8217;expliquer. &#8220;Je ne m&#8217;appelle pas Stiller! Je m&#8217;appelle White.&#8221; Dr\u00f4le d&#8217;histoire que celle de ce Stiller, &#8220;parti sans laisser d&#8217;adresse&#8221;. D\u00e8s la pr\u00e9face, on nous avertit qu&#8217;on sera dans la confusion. On ne sait pas si ce Stiller est bien Stiller, comme le pr\u00e9tendent toute sa famille et ses amis, ou s&#8217;il est ce White au pass\u00e9 rocambolesque. Dans tous les cas, il est forc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire pour\u00a0raconter la v\u00e9rit\u00e9 sur son pass\u00e9. Pendant ce qui semble \u00eatre des mois, il r\u00e9dige donc des r\u00e9cits absurdes, dans une cellule ridiculement propre et convenable, \u00e0 l&#8217;image de la Suisse toute enti\u00e8re, qu&#8217;il hait profond\u00e9ment. Chaque jour, son procureur vient l&#8217;interroger. Mais ce n&#8217;est qu&#8217;une convention, car tout le monde s&#8217;entend pour dire qu&#8217;il est Stiller, m\u00eame ses proches qui viennent le visiter. Le roman se dit \u00eatre sur &#8220;le d\u00e9sir perp\u00e9tuel de tout \u00eatre humain de s&#8217;\u00e9vader de soi-m\u00eame ; la difficult\u00e9 de se voir tel qu&#8217;on a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 ; l&#8217;incapacit\u00e9 \u00e0 accepter les autres tels qu&#8217;ils sont.&#8221; Mais le r\u00e9cit de Stiller est si complexe et absurde, et le personnage est si pince-sans-rire et dur \u00e0 suivre qu&#8217;on ne d\u00e9c\u00e8le pas de sentiments chez lui. Comme exemple, voici un des nombreux dialogues absurdes qui constituent l&#8217;essentiel du livre. Ici, entre Stiller et son gardien : Mon gardien sait d\u00e9j\u00e0 qu&#8217;elle \u00e9tait la femme d&#8217;un sergent am\u00e9ricain ; de plus : que ce sergent d\u00e9barqua par un beau matin et nous surprit dans l&#8217;appartement&#8230; Trop fatigu\u00e9 pour faire le r\u00e9cit d&#8217;un nouveau meurtre, je me contente de dire : &#8220;C&#8217;\u00e9tait un type charmant. -Le mari? -Il pria sa femme d&#8217;aller chez le psychanalyste et elle l&#8217;a pri\u00e9 d&#8217;en faire autant. -Et alors? -C&#8217;est tout.&#8221; &#8211; p. 85 Seule la postface du procureur, \u00e0 la toute fin du roman, nous \u00e9claire un peu plus sur le vrai personnage. La meilleure partie du livre, je dirais, le seul endroit o\u00f9 on commence \u00e0 saisir quelque chose, \u00e0 remettre le puzzle dans l&#8217;ordre, et \u00e0 comprendre le personnage principal&#8230;. Contrairement \u00e0 la quatri\u00e8me de couverture, je dirais que c&#8217;est un roman sur l&#8217;\u00e9tranget\u00e9 des relations. Vu que tout le monde est convaincu qu&#8217;il est un autre, Stiller r\u00e9alise tout le superficiel des rapports humains. Il voit, par exemple, que\u00a0m\u00eame s&#8217;il n&#8217;essaie aucunement de pr\u00e9tendre qu&#8217;il est Stiller ou qu&#8217;il reconna\u00eet son interlocuteur, les gens qui lui parlent font comme s&#8217;il \u00e9tait leur vieil ami. Et comme ils n&#8217;ont aucun retour, ils entretiennent la conversation. Ils se mettent sur le pilote automatique, et ils discutent avec un souvenir, comme on discuterait avec une poup\u00e9e. C&#8217;est aussi un roman sur les d\u00e9cr\u00e9pitudes amoureuses.\u00a0La vie de Stiller a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 vide et inint\u00e9ressante, mais il a connu l&#8217;amour difficile. Mari\u00e9 \u00e0 une belle danseuse froide et fragile, amant de la femme de son procureur, ses relations ont toutes \u00e9t\u00e9 teint\u00e9es de lassitude. Peu de passion, vite l&#8217;ennui. Pas r\u00e9jouissant pour les fantasmes de mariage. Le livre est respectable. Il est superbement \u00e9crit, visiblement brillant et profond. Mais je n&#8217;ai pas eu beaucoup de plaisir \u00e0 le lire. La grande majorit\u00e9 du temps, on ne sait pas o\u00f9 l&#8217;histoire s&#8217;en va. Les anecdotes, comme la forme du livre, sont sans queue ni t\u00eate. Les personnages sont \u00e9tranges, voire repoussants, et on ne s&#8217;y attache pas. Je le lisais pour m&#8217;\u00e9chapper un peu dans les mots, les belles phrases, mais certainement pas pour conna\u00eetre la suite. Malgr\u00e9 tout, passer \u00e0 travers un roman complet dans la confusion, c&#8217;est un exploit. Il fallait vraiment que l&#8217;\u00e9criture en vaille la peine. \u00c0 vous de choisir si vous souhaitez vous plonger dans l&#8217;exp\u00e9rience. &#8212; Stiller Max Frisch Les \u00c9ditions Grasset 541 p. &#8212;"}