{"version":"1.0","provider_name":"Next Read","provider_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/en","author_name":"Na\u00efma Hassert","author_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/en\/author\/naima-hassertgmail-com\/","title":"La gu\u00e9rison du coeur - Prochaine lecture","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"to3UHIvuY5\"><a href=\"https:\/\/prochainelecture.com\/en\/la-guerison-du-coeur\/\">La gu\u00e9rison du coeur (\"Healing of the Heart\")<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/prochainelecture.com\/en\/la-guerison-du-coeur\/embed\/#?secret=to3UHIvuY5\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"&#8220;La gu\u00e9rison du coeur&#8221; &#8212; Prochaine lecture\" data-secret=\"to3UHIvuY5\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script type=\"text\/javascript\">\n\/* <![CDATA[ *\/\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/prochainelecture.com\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n\/* ]]> *\/\n<\/script>","thumbnail_url":"https:\/\/i1.wp.com\/prochainelecture.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/467786-gf-1.jpg?fit=667%2C445&ssl=1","thumbnail_width":667,"thumbnail_height":445,"description":"J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9e avec la colite ulc\u00e9reuse quand j&#8217;avais 15 ans. Un peu jeune pour avoir une maladie chronique. J&#8217;\u00e9tais en pleine pubert\u00e9, j&#8217;avais mon premier chum, et tout \u00e0 coup, apr\u00e8s avoir perdu du sang et beaucoup de kilos pendant plusieurs mois, je suis bourr\u00e9e de cortisone et d&#8217;immunosuppresseurs. Je prends une vingtaine de livres et mon visage gonfle comme un ballon. Dur pour mon estime de soi. Mais au moins, les m\u00e9dicaments font effet. Mon ventre ne saigne plus, je vais aux toilettes un nombre normal de fois par jour, je peux manger ce que je veux et je le dig\u00e8re. Quelques ann\u00e9es plus tard, je n&#8217;ai plus de sympt\u00f4mes. On me dit que je suis gu\u00e9rie, et j&#8217;y crois. Pendant trois ans, je dig\u00e8re normalement sans aucun m\u00e9dicament. Et puis, en janvier, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 20 ans, tout s&#8217;\u00e9croule de nouveau. Je viens de terminer une session de huit cours, je n&#8217;ai pas pu dire non \u00e0\u00a0deux ou trois mandats, j&#8217;ai continu\u00e9 \u00e0 danser, et j&#8217;ai un chum beaucoup plus vieux que moi. Je sais qu&#8217;apr\u00e8s ma session de c\u00e9gep, mes parents ne sont plus oblig\u00e9s de m&#8217;aider financi\u00e8rement, et que je vais devoir compenser par le m\u00e9tier prodigieusement instable, mais dont je suis compl\u00e8tement gaga, de pigiste. Je rechute. Je d\u00e9gringole. J&#8217;ai des diarrh\u00e9es sanglantes quinze fois par jour, je me tords de douleur dans mon lit, boire de l&#8217;eau me fait mal, je peux \u00e0 peine me tra\u00eener vers la salle de bain. Encore une fois, on me bourre de cortisone, mais on lieu de prendre du poids, je fais des psychoses. Chaque jour, je fais des crises d&#8217;angoisse. Au moment o\u00f9 je m&#8217;inqui\u00e8te le plus pour l&#8217;argent, je suis forc\u00e9e d&#8217;\u00eatre en &#8220;arr\u00eat de travail&#8221;. Je passe des heures par jour \u00e0 essayer de prendre soin de moi, je fais du sport, je vois une psychologue, je me repose, je lis des livres de croissance personnelle. Bref, j&#8217;essaie de survivre. Et puis je tombe sur cet entretien de la revue Psychologies avec Guy Corneau, l&#8217;auteur de\u00a0La gu\u00e9rison du coeur. J&#8217;apprends que lui aussi est atteint de colite ulc\u00e9reuse, et qu&#8217;il a tir\u00e9 de sa maladie des le\u00e7ons qui ont chang\u00e9 sa vie. Je suis frapp\u00e9e par la similitude de nos sympt\u00f4mes : lui aussi avait des diarrh\u00e9es sanglantes vingt fois par jour, et lui aussi a \u00e9t\u00e9 en r\u00e9mission pendant trois ans avant de faire une rechute d\u00e9vastatrice. Je lis le livre. Et je suis jet\u00e9e \u00e0 terre. &#8212; Guy Corneau raconte d&#8217;abord comment il est pass\u00e9 pr\u00e8s de la mort. Quand il a fait sa rechute de colite ulc\u00e9reuse, il voulait se gu\u00e9rir aux\u00a0m\u00e9decines douces, et il a eu l&#8217;id\u00e9e de faire un je\u00fbne dans une clinique sp\u00e9cialis\u00e9e. Ce qui n&#8217;est pas b\u00eate en soi : moi aussi j&#8217;ai lu que dans certains cas, faire un je\u00fbne donnait un petit coup de pouce au corps pour combattre les bibittes. Mais la colite ulc\u00e9reuse n&#8217;est pas une petite bibitte \u00e0 combattre, et Guy Corneau continuait \u00e0 avoir des diarrh\u00e9es sanglantes alors qu&#8217;il n&#8217;ing\u00e9rait rien du tout. Il perdait du poids \u00e0 une vitesse consid\u00e9rable. Il raconte qu&#8217;il \u00e9tait si faible qu&#8217;il n&#8217;arrivait pas \u00e0 lire, qu&#8217;un simple quiz t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 venait \u00e0 bout de sa concentration. Ses facult\u00e9s mentales s&#8217;\u00e9teignaient.. Et puis, il a eu un r\u00e9v\u00e9lation. Il a soudainement compris, dans une bouff\u00e9e de pur bonheur, qu&#8217;il \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 l&#8217;Univers entier. Que le bonheur \u00e9tait en lui, et qu&#8217;il l&#8217;avait toujours \u00e9t\u00e9, mais qu&#8217;il n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 capable d&#8217;aller le chercher auparavant. Que sa plus grande erreur, \u00e7&#8217;avait \u00e9t\u00e9 de croire qu&#8217;il \u00e9tait seul. Un d\u00e9lire de faiblesse? Peut-\u00eatre, mais un d\u00e9lire qui est venu lui parler et qu&#8217;il n&#8217;a jamais oubli\u00e9. Peu apr\u00e8s, son p\u00e8re l&#8217;a sorti de force de sa retraite : Tu sais, c&#8217;est vrai que je n&#8217;\u00e9tais pas l\u00e0 quand tu \u00e9tais jeune, mais aujourd&#8217;hui j&#8217;y suis et tu vas sortir de la clinique m\u00eame si tu dois me le reprocher jusqu&#8217;\u00e0 la fin de tes jours!&#8221; Il a \u00e9t\u00e9\u00a0hospitalis\u00e9. Retrouvant peu \u00e0 peu son \u00e9nergie avec 100 mg de cortisone par jour qui le mettait dans un \u00e9tat d&#8217;excitation artificielle et avec des nutriments qu&#8217;on lui injectait par intraveineuse, il continue son d\u00e9lire. Il hallucine des personnages qui le repr\u00e9sentent. C&#8217;est cet \u00e9pisode qui le convainc d&#8217;\u00e9crire ce livre. Sans faire l&#8217;apologie de la douleur, et sans vouloir pr\u00e9tendre que l&#8217;Univers veut nous &#8220;apprendre&#8221; quelque chose en nous faisant subir de telles \u00e9preuves, Guy Corneau est convaincu (comme moi) que les maladies graves nous donnent l&#8217;occasion de nous recentrer sur nous-m\u00eames, et qu&#8217;elles nous pointent sans \u00e9quivoque les parties de nous-m\u00eames qui nous ont pr\u00e9cipit\u00e9 vers le mur. Quand on est malades, on n&#8217;a pas le choix d&#8217;arr\u00eater, de revoir nos priorit\u00e9s, de s&#8217;apercevoir que la terre ne s&#8217;arr\u00eate pas de tourner sans nous, de laisser tomber nos masques, de se montrer vuln\u00e9rable et de laisser les autres s&#8217;occuper de nous. Guy Corneau affirme que toutes les personnes atteintes de colite ulc\u00e9reuses qu&#8217;il a rencontr\u00e9es \u00e9taient des &#8220;performantes angoiss\u00e9es&#8221;. Quand j&#8217;ai r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e7a \u00e0 un ami, il a \u00e9clat\u00e9 de rire. &#8220;Je n&#8217;enl\u00e8verais pas un mot pour te d\u00e9crire, et je n&#8217;en rajouterais pas un.&#8221; J&#8217;ai r\u00e9alis\u00e9\u00a0en lisant ce livre que mon sentiment de solitude avait certainement autant \u00e0 voir avec ma maladie que mon stress. J&#8217;ai r\u00e9alis\u00e9 qu&#8217;une relation amoureuse est certainement une des plus grandes \u00e9preuves auxquelles une personne comme moi doit faire face au cours de sa vie, mais qu&#8217;en\u00a0s&#8217;y abandonnant, on s&#8217;approche de la gu\u00e9rison. J&#8217;ai r\u00e9alis\u00e9 que ma recherche de bien-\u00eatre n&#8217;est pas un luxe, mais une question de survie. &#8212; Ce livre n&#8217;est pas un must pour tout le monde. Il peut sonner comme du charabia pour les personnes qui n&#8217;ont pas (encore) subi de douleur intense, qu&#8217;elle soit physique ou amoureuse. Il ne parlera peut-\u00eatre pas autant aux personnes qui ont d&#8217;autres maladies graves que la colite ulc\u00e9reuse. Mais il semblait taill\u00e9 pour moi. Ses enseignements me restent encore en arri\u00e8re-pens\u00e9e, et rendent plus doux mon r\u00e9tablissement. &#8212; La gu\u00e9rison du coeur Guy Corneau Les \u00c9ditions de l&#8217;Homme 24,26 $"}