{"version":"1.0","provider_name":"Next Read","provider_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/en","author_name":"Na\u00efma Hassert","author_url":"https:\/\/prochainelecture.com\/en\/author\/naima-hassertgmail-com\/","title":"Deux m\u00e8res, deux regards - Prochaine lecture","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"wAcaJugZ2U\"><a href=\"https:\/\/prochainelecture.com\/en\/274\/\">Deux m\u00e8res, deux regards<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/prochainelecture.com\/en\/274\/embed\/#?secret=wAcaJugZ2U\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"&#8220;Deux m\u00e8res, deux regards&#8221; &#8212; Prochaine lecture\" data-secret=\"wAcaJugZ2U\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script type=\"text\/javascript\">\n\/* <![CDATA[ *\/\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/prochainelecture.com\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n\/* ]]> *\/\n<\/script>","thumbnail_url":"https:\/\/i1.wp.com\/prochainelecture.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/j_ai_une_amie_maternite_portrait-1324490288-1.png?fit=472%2C137&ssl=1","thumbnail_width":472,"thumbnail_height":137,"description":"Publi\u00e9 le\u00a012 janvier 2014\u00a0dans le Kiosque M\u00e9dias Deux femmes brillantes, de la m\u00eame ville, ont d\u00e9cid\u00e9 de publier \u00e0 seulement quelques ann\u00e9es d\u2019intervalle un ouvrage sur le m\u00eame th\u00e8me\u00a0: la maternit\u00e9. Deux ouvrages qui recensent avec humour des t\u00e9moignages, des anecdotes, des impressions, des r\u00e9flexions de nouvelles mamans. Mais attention\u00a0: \u00e0 ne pas prendre avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Je l\u2019ai bien dit, les auteures sont brillantes\u2026 Lorsque Vanessa Quintal, jeune maman encore sous le charme de son premier b\u00e9b\u00e9, s\u2019est fait commander un ouvrage sur le cong\u00e9 de maternit\u00e9, \u00e0 publier dans la s\u00e9rie \u00ab\u00a0J\u2019ai une amie\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9dition Flammarion, son fils avait d\u00e9j\u00e0 presque deux ans. Elle se souvenait tr\u00e8s bien de sa premi\u00e8re ann\u00e9e, et pouvait la raconter avec recul, sans le filtre de la fatigue extr\u00eame et des hormones en montagnes russes. Ravie, elle a voulu concocter un petit livre qui fait du bien. Mission accomplie\u00a0: avec son talent et les illustrations adorables d\u2019Isabelle Malenfant, elle r\u00e9ussit brillamment \u00e0 d\u00e9dramatiser les d\u00e9sillusions, les d\u00e9ceptions et les frustrations de cette ann\u00e9e, qui est rarement aussi idyllique que dans nos r\u00eaves. Pour ce faire, Vanessa Quintal accompagne ses lectrices du premier sourire de b\u00e9b\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part en garderie. Avec elle, tout vire tout au comique : les contorsions routini\u00e8res et \u00e9puisante des parents m\u00e9ga-press\u00e9s deviennent des disciplines olympiques illustr\u00e9es par des bonshommes allumettes\u00a0; les humeurs extr\u00eames de toute la famille sont reproduites par un graphique color\u00e9 et sympathique\u00a0; chaque objet qui se retrouve dans l\u2019\u00e9norme sac de sortie de b\u00e9b\u00e9 est dessin\u00e9, et on admire l\u2019esprit de pr\u00e9vision de la m\u00e8re qui les a choisis. M\u00eame les coups durs, qui mettent \u00e0 terre le r\u00eave de bonheur extatique et complet des mamans en devenir, deviennent sous sa plume de simples moments \u00e0 passer. La f\u00e9minit\u00e9 qui prend le bord, le manque de temps pour soi, la libido d\u00e9clinante, la comp\u00e9tition entre m\u00e8res, les conseils dont on pourrait bien se passer, les humiliations passag\u00e8res mais cuisantes que toutes doivent subir\u2026 On apprend que toutes ces \u00e9preuves sont normales, belles m\u00eame, car elles viennent avec un r\u00f4le formidable. C\u2019est ainsi qu\u2019elle rend \u00ab\u00a0humains\u00a0\u00bb les comportements bizarres d\u2019une m\u00e8re, leurs \u00e9motions m\u00e9lang\u00e9es, leurs folies parfois. Ce livre leur lance un message, \u00e0 retenir\u00a0: non, vous n\u2019\u00eates pas seules \u00e0 vous arracher les cheveux devant la pl\u00e9tore de conseils contradictoires qu\u2019on vous lance de tous bords tous c\u00f4t\u00e9s\u00a0: non, vous n\u2019\u00eates pas seules \u00e0 vous sentir seules. Et oui, les \u00e9tapes que vous suivez sont normales. \u2014- La couverture est \u00e9pur\u00e9e. Le titre est long comme le bras, et ose mettre c\u00f4te-\u00e0-c\u00f4te les mots \u00ab\u00a0maternit\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0f\u00e9minisme\u00a0\u00bb. L\u2019essai a l\u2019air aride, et \u00e7a fait peur. Mais on se calme d\u00e8s les premi\u00e8res phrases. D\u00e8s le prologue, Fanny Britt d\u00e9truit l\u2019id\u00e9e qu\u2019elle se prend au s\u00e9rieux. Il n\u2019y a d\u2019aride que son titre. L\u2019image au crayon d\u2019un g\u00e2teau qui sourit nous accueille dans le premier chapitre. Sa langue est fluide, ses dialogues sont criants de r\u00e9alisme, et son humour est d\u00e9licieux. Limpide, dr\u00f4le\u2026 ce ton perdurera jusqu\u2019\u00e0 la fin. \u00c9tonnant qu\u2019elle ait r\u00e9ussit \u00e0 rendre amusant son texte qui, lui, met tout sauf de la joie au c\u0153ur. Son but n\u2019est pas de rassurer qui que ce soit. Elle aborde les aspects les plus sombres de la maternit\u00e9, ceux dont on ne parle que tr\u00e8s rarement, pour ne pas dire jamais, dans les m\u00e9dias. Ces m\u00e9dias, dans lesquels elle ne s\u2019est jamais reconnue, qui ne v\u00e9hiculent que des images caricatur\u00e9es auxquelles aucune m\u00e8re ne peut s\u00e9rieusement se reconna\u00eetre. Elle-m\u00eame confront\u00e9e \u00e0 ce probl\u00e8me d\u00e9chirant, elle d\u00e9cide donc d\u2019explorer l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de la maternit\u00e9, ce qu\u2019il y a entre les extr\u00eames, entre les clich\u00e9s\u00a0: les \u00ab\u00a0tranch\u00e9es\u00a0\u00bb de la maternit\u00e9. Impossible de toujours aimer son enfant. Des fois on plane, mais souvent, on sombre. Cette obscurit\u00e9, elle veut la r\u00e9v\u00e9ler. Elle reprend, par exemple, un dialogue entre deux femmes autour d\u2019un verre d\u2019alcool, deux femmes qui n\u2019ont pas d\u2019enfants et qui ne sont pas s\u00fbres d\u2019en vouloir. Elle relate le cas d\u2019\u00e9crivaines qui ont tellement \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9es par leur maternit\u00e9 qu\u2019elles se sont suicid\u00e9es. Elle retranscrit les confessions de m\u00e8res us\u00e9es \u00e0 la corde qui r\u00e9alisent qu\u2019elles sont \u00ab\u00a0perp\u00e9tuellement en tabarnak\u00a0\u00bb. Mais Fanny Britt n\u2019est pas contradictoire. Elle s\u2019est dite ambigu\u00eb, elle l\u2019est. \u00c0 travers ces \u00e9pisodes qui donnent l\u00e9g\u00e8rement la naus\u00e9e, elle prend parfois une pause \u00ab\u00a0graphique\u00a0\u00bb, un peu comme Vanessa. Fini la r\u00e9daction\u00a0: elle dresse une petite liste toute simple, qui simplifie tout, qui cat\u00e9gorise, qui fait sourire, et puis elle repart. Mais malgr\u00e9 ces bouff\u00e9es d\u2019air, la diff\u00e9rence est l\u00e0\u00a0: alors que faire des g\u00e2teaux, pour Vanessa, c\u2019est mignon, pour Fanny, c\u2019est une n\u00e9vrose, une manie qui rec\u00e8le un formidable mal de vivre. Vers la fin, on est carr\u00e9ment m\u00e9lancolique. Nous voil\u00e0 averties. Si on veut tenter l\u2019aventure\u2026 c\u2019est \u00e0 nos risques et p\u00e9rils."}