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<oembed><version>1.0</version><provider_name>Next Read</provider_name><provider_url>https://prochainelecture.com/en</provider_url><author_name>Na&#xEF;ma Hassert</author_name><author_url>https://prochainelecture.com/en/author/naima-hassertgmail-com/</author_url><title>Du c&#xF4;t&#xE9; de chez Swann - Prochaine lecture</title><type>rich</type><width>600</width><height>338</height><html>&lt;blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1p1dMTJ8LE"&gt;&lt;a href="https://prochainelecture.com/en/du-cote-de-chez-swann/"&gt;Swann's Way&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;iframe sandbox="allow-scripts" security="restricted" src="https://prochainelecture.com/en/du-cote-de-chez-swann/embed/#?secret=1p1dMTJ8LE" width="600" height="338" title="&#x201C;Du c&#xF4;t&#xE9; de chez Swann&#x201D; &#x2014; Prochaine lecture" data-secret="1p1dMTJ8LE" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" class="wp-embedded-content"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;script type="text/javascript"&gt;
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Mais je ne promets rien : quand j&#x2019;ai appris qu&#x2019;elle &#xE9;tait compos&#xE9;e de sept tomes (pas 2 comme j&#x2019;avais l&#x2019;impression), j&#x2019;ai eu un malaise, car c&#x2019;est une oeuvre qui ne ressemble &#xE0; aucune autre. Combray Cette partie est ax&#xE9;e sur l&#x2019;enfance du narrateur dans sa maison de campagne &#xE0; Combray, o&#xF9; il passait de longs apr&#xE8;s-midi &#xE0; lire dans le jardin. C&#x2019;est l&#xE0; qu&#x2019;on rencontre de nombreux membres de sa famille, ainsi que Swann. C&#x2019;est l&#xE0; aussi qu&#x2019;est le fameux passage sur les madeleines (passage qui seul, hors contexte, a fait pleurer ma grand-m&#xE8;re). &#xC0; plusieurs reprises, je me suis reconnue dans les propos de Proust; quand il explique ce qu&#x2019;est la lecture et pourquoi elle peut autant nous toucher, notamment, mais &#xE9;galement quand il &#xE9;crit sur son admiration pour son auteur pr&#xE9;f&#xE9;r&#xE9;, Bergotte : Chaque fois qu&#x2019;il parlait de quelque chose dont la beaut&#xE9; m&#x2019;&#xE9;tait rest&#xE9;e jusque-l&#xE0; cach&#xE9;e, des for&#xEA;ts de pin, de la gr&#xEA;le, de Notre-Dame-de-Paris, d&#x2019;Athalie ou de Ph&#xE8;dre, il faisait dans une image exploser cette beaut&#xE9; jusqu&#x2019;&#xE0; moi. Aussi sentant combien il y avait de parties de l&#x2019;univers que ma perception infirme ne distinguerait pas s&#x2019;il ne les rapprochait de moi, j&#x2019;aurais voulu poss&#xE9;der une opinion de lui, une m&#xE9;taphore de lui [&#x2026;]. Malheureusement sur presque toutes choses j&#x2019;ignorais son opinion. Je ne doutais pas qu&#x2019;elle ne f&#xFB;t enti&#xE8;rement diff&#xE9;rente des miennes, puisqu&#x2019;elle descendait d&#x2019;un monde inconnu vers lequel je cherchais &#xE0; m&#x2019;&#xE9;lever; persuad&#xE9; que mes pens&#xE9;es eussent paru pure ineptie &#xE0; cet esprit parfait, j&#x2019;avais tellement fait table rase de toutes, que quand par hasard il m&#x2019;arriva d&#x2019;en rencontrer, dans tel de ses livres, une que j&#x2019;avais d&#xE9;j&#xE0; eue moi-m&#xEA;me, mon coeur se gonflait comme si un Dieu dans sa bont&#xE9; me l&#x2019;avait rendue, l&#x2019;avait d&#xE9;clar&#xE9;e l&#xE9;gitime et belle. Merveilleuse explication de ce que j&#x2019;ai ressenti envers plusieurs auteurs, mais aussi envers justement celui qui &#xE9;nonce cette explication. J&#x2019;ai senti, tout comme lui, mon coeur se gonfler. D&#xE8;s cette partie, je suis tomb&#xE9;e en amour avec le talent qu&#x2019;a Proust de mettre en mots ses observations sur les gens et sur ses propres &#xE9;motions, qui sont souvent celles de tout le monde, et qui sont incroyablement justes. Je ne croyais m&#xEA;me pas qu&#x2019;une telle acuit&#xE9; d&#x2019;observation sur la nature humaine &#xE9;tait possible. Oui, les phrases sont longues, mais elles ne le sont pas inutilement: chaque mot p&#xE8;se lourd et se doit d&#x2019;y &#xEA;tre. Un amour de Swann Un amour de Swann est une histoire en environ 200 pages de l&#x2019;amour inattendu que d&#xE9;veloppe Swann, un aristocrate tr&#xE8;s bien vu dans la soci&#xE9;t&#xE9;, pour Odette, une &#xAB; cocotte &#xBB;, c&#x2019;est-&#xE0;-dire une femme qui a la r&#xE9;putation d&#x2019;&#xEA;tre &#xAB;entretenue&#xBB; par de nombreux hommes. On suit le commencement d&#x2019;un amour improbable, motiv&#xE9; surtout par la jalousie, sa continuation maladive pendant de nombreuses ann&#xE9;es, puis sa fin d&#xE9;sillusionn&#xE9;e. 200 pages des m&#xE9;andres d&#x2019;un esprit compl&#xE8;tement d&#xE9;sar&#xE7;onn&#xE9; par un amour qu&#x2019;il essaie de comprendre, sans succ&#xE8;s, et dans lequel il ne fait que s&#x2019;embourber. Le tout rythm&#xE9; par une &#xAB;petite phrase&#xBB; musicale d&#x2019;une sonate de Vinteuil (sonate fictive, ne la cherchez pas sur Spotify) qui lui apporte une sorte de r&#xE9;confort. Proust d&#xE9;crit cette petite phrase fictive si souvent et avec tant de d&#xE9;tails, mais r&#xE9;ussit &#xE0; rester flou, ce qui est tout de m&#xEA;me remarquable. &#xC0; sa sensibilit&#xE9; aux humains, se rajoute celle &#xE0; la musique. Quand une personne normale dirait : &#xAB; &#xC7;a donne plein d&#x2019;&#xE9;motions la musique &#xBB;, voici ce que Proust &#xE9;crit : [&#x2026;] le champ ouvert au musicien n&#x2019;est pas un clavier mesquin de sept notes, mais un clavier incommensurable, encore presque tout entier inconnu, o&#xF9; seulement &#xE7;a et l&#xE0;, s&#xE9;par&#xE9;es par d&#x2019;&#xE9;paisses t&#xE9;n&#xE8;bres inexplor&#xE9;es, quelques-unes des millions de touches de tendresse, de passion, de courage, de s&#xE9;r&#xE9;nit&#xE9;, qui le composent, chacune aussi diff&#xE9;rente des autres qu&#x2019;un univers, ont &#xE9;t&#xE9; d&#xE9;couvertes par quelques grands artistes qui nous rendent le service, en &#xE9;veillant en nous le correspondant du th&#xE8;me qu&#x2019;ils ont trouv&#xE9;, de nous montrer quelle richesse, quelle vari&#xE9;t&#xE9;, cache &#xE0; notre insu cette grande nuit imp&#xE9;n&#xE9;tr&#xE9;e et d&#xE9;courageante de notre &#xE2;me que nous prenons pour du vide et pour du n&#xE9;ant. Je me suis moins reconnue dans Un amour de Swann, heureusement pour moi, car elle raconte un amour maladif, r&#xE9;ducteur, douloureux, qui d&#xE9;connecte sa victime de la r&#xE9;alit&#xE9; pendant tout le temps qu&#x2019;elle est affect&#xE9;e. On est fascin&#xE9;s par les tours que peuvent nous jouer notre propre cerveau quand on essaie de justifier notre d&#xE9;pendance affective envers quelqu&#x2019;un qui n&#x2019;en vaut pas la peine. Noms de pays : le nom Cette partie, beaucoup plus courte, fait le r&#xE9;cit de l&#x2019;amour qu&#x2019;a eu le narrateur pour une petite fille lorsqu&#x2019;il &#xE9;tait enfant. Cette petite fille, c&#x2019;&#xE9;tait celle de Swann. Et par analogie avec celui-ci, le narrateur vit un amour non r&#xE9;ciproque, ce qu&#x2019;il tente de cacher &#xE0; sa conscience pendant tr&#xE8;s longtemps. Il rencontrait cette petite fille presque tous les jours dans les Champs-&#xC9;lys&#xE9;es; son amour est donc &#xE9;troitement li&#xE9; au lieu, qui entra&#xEE;ne une r&#xE9;flexion finale sur le lien entre les lieux physiques et les souvenirs qui, on le comprend gr&#xE2;ce &#xE0; une note, n&#x2019;est pas achev&#xE9;e. J&#x2019;ai pu dans cette partie me construire une th&#xE9;orie : les phrases de Proust sont longues car elles suivent la r&#xE9;flexion de l&#x2019;auteur; mais je crois aussi que leur longueur sert &#xE0; induire un &#xE9;tat m&#xE9;ditatif chez le lecteur. On ne peut pas se presser avec des phrases de 15 lignes de long, on doit prendre notre temps, sinon des pans entier de la phrase nous &#xE9;chappe. On peut tomber sur un pronom et retrouver son ant&#xE9;c&#xE9;dent seulement trois lignes plus haut; parfois il faut relire plus vite, en se d&#xE9;tachant de nos notions scolaires de syntaxe pour comprendre le sens. Ce n&#x2019;est que dans un tel &#xE9;tat qu&#x2019;on peut appr&#xE9;cier le texte (c&#x2019;est dans cet &#xE9;tat que devait se trouver l&#x2019;auteur lui-m&#xEA;me), et sa construction fait en sorte qu&#x2019;on n&#x2019;a pas le choix de l&#x2019;appr&#xE9;cier, car si on passe au travers, c&#x2019;est qu&#x2019;on a compris l&#x2019;essentiel. J&#x2019;ai donc eu pour Proust un v&#xE9;ritable coup de coeur. Son &#xE9;criture me remue jusqu&#x2019;au fond du ventre. Certaines phrases r&#xE9;ussissent &#xE0; acc&#xE9;l&#xE9;rer ma respiration, comme toujours devant un grand chef-d&#x2019;oeuvre, pendant que j&#x2019;attends de voir si elles vont s&#x2019;essouffler, mais je ne suis que de plus en plus chavir&#xE9;e en voyant qu&#x2019;au contraire, elles approchent de leur apog&#xE9;e. Puis quand elles finissent, je dois les relire, et je savoure leur justesse. J&#x2019;ai l&#x2019;impression que l&#x2019;auteur parle de moi, ou de telle personne que j&#x2019;ai connue, et je suis boulevers&#xE9;e de voir que quelqu&#x2019;un mort depuis longtemps peut me d&#xE9;crire mieux que moi-m&#xEA;me. Il r&#xE9;ussit &#xE0; exprimer dans les plus beaux mots ce que je peux &#xE0; peine remarquer. Pour l&#x2019;instant, je suis emball&#xE9;e. Cela dit, je n&#x2019;ai termin&#xE9; qu&#x2019;un tome. Plus que six&#x2026;</description></oembed>
